"En une semaine, je fais les deux meilleures courses de ma vie, en gagnant au Canada et aux Etats-Unis !" : à l'arrivée de la 7e manche du championnat du monde, Lewis Hamilton n'en revenait toujours pas... Une victoire dimanche dernier lors de sa première à Montréal, là ou son équipier de McLaren, Fernando Alonso, avait triomphé à sa sixième tentative, et une autre encore à ses débuts à Indianapolis, où l'Espagnol ne s'est encore jamais imposé ! "En cherchant, c'est dur de trouver une faute de sa part. En plus, il est très sympa, ce qui est assez inhabituel, aussi", constatait vendredi Frank Williams, qui ajoutait n'avoir jamais vu un débutant si doué.
Dimanche, Hamilton n'a commis aucune faute, déployant l'arsenal du pilote expérimenté pour garder Alonso derrière lui pendant les 73 tours que comptait la 7e manche du championnat du monde. Au départ, le Britannique de 22 ans a bien surveillé ses rétroviseurs pour soigneusement bloquer son rival ibérique, à sa hauteur au premier freinage mais obligé de s'incliner car décalé par rapport à la trajectoire idéale. Puis, dans le premier relais, le pilote de la N.2 a montré sa supériorité, rentrant au stand avec environ 4 sec d'avance, un tour seulement avant la N.1 (20e et 21e tours). Reparti à nouveau en gomme "tendres", l'option la plus intéressante, il a souffert dans le deuxième relais, et c'est là qu'il s'est définitivement approprié la victoire, en repoussant fermement une attaque latérale d'Alonso au freinage, au 38e tour.
"Dans le deuxième relais, mes deux premiers tours n'ont pas été bons, puis mes pneus ont grainé (pelage en surface) et Alonso est revenu très fort. J'ai dû trop attaquer, trop leur demander tout de suite", a avoué le champion GP2 2006. "Ensuite, à chaque fois que je gagnais du temps dans le deuxième secteur, je le reperdais dans la grande ligne droite." Ce fût sa seule faiblesse.
La troisième partie de course a en effet onvenue, si l'on en croit Alonso. "Nous avons été conservateurs", a expliqué le double champion du monde. "C'est difficile de doubler ici et j'ai commencé à penser au GP de France. Le départ a été le facteur clé. Ensuite, quand on est deuxième ici, on termine deuxième" , a-t-il précisé, le visage fermé.
Finalement, les McLaren auront été bien seules à leur niveau d'excellence car jamais les Ferrari n'ont été en mesure de contester quoi que ce soit. Le Brésilien Felipe Massa a complété le podium devant le Finlandais Kimi Räikkönen, passé devant son compatriote de Renault, Heikki Kovalainen, à la faveur du second pit stop. "Dans le premier relais, j'étais proche des McLaren, mais tour après tour, elles prenaient trois-quatre dixièmes. Elles étaient plus rapides, tout simplement. Elles s'envolaient. Je ne pouvais pas attaquer plus, sinon je glissais. 3e, c'est bien", a résumé le Pauliste, 3e aussi au championnat, à 19 points d'Hamilton, et à 10 points d'Alonso.
Autour du Brickyard qui a construit sa légende sur les 500 miles, Renault était la troisième force, malgré le tête-à-queue initial de Giancarlo Fisichella (9e), car BMW n'a mené qu'une voiture à l'arrivée. L'Allemand Nick Heidfeld roulait en 5e position lorsqu'il a été stoppé par sa boîte de vitesses, laissant son compatriote, Sebastian Vettel, s'arroger un record de précocité en obtenir son premier point (8e) à seulement 19 ans, 11 mois et 16 jours.
Enfin, l'abandon de Ralf Schumacher dès le premier tour pourrait convaincre le nouveau management de Toyota d'agir, car Jarno Trulli a fait un très bon 6e. La présence de Franck Montagny dans le baquet de la TF107 de l'Allemand au Grand Prix de France qui arrive est une probabilité en forte hausse..
Placés en troisième et quatrième positions sur la grille de départ, Felipe Massa et Kimi Raikkonen sont troisième et quatrième à l'arrivée. Sans surprise.