Grand Prix de Hongrie à Hungaroring
Le comportement des pilotes et des voitures passé au crible pour tirer les enseignements de la 11e manche du Mondial 2007.
McLaren - Hamilton P1, Alonso P4
Un grand prix qui laissera des traces dans les relations entre pilotes eux-mêmes et avec le patron, et qui -a priori - a été couru à vide au championnat Constructeurs. La FIA a privé de tout point hongrois les Gris -pas très nickel- à cause d'un double cafouillage aux allures de règlements de comptes en Q3. Alonso a sans doute vu rouge en constatant que Hamilton lui avait piqué sa position prioritaire en piste -selon une règle d'alternance décidée par McLaren-, à l'attaque de la dernière partie. La FIA a vu du machiavélisme dans sa tergiversation d'une dizaine de secondes au stand, devant Hamilton, dans l'impossibilité de couvrir son ultime tour rapide. La FIA a aussi jugé que l'équipe avait coupablement retenu Alonso au stand pendant 20 secondes, avant que l'Espagnol ne tarde lui-même à repartir. McLaren a dit avoir agi par peur du trafic. Hors, seul Räikkönen roulait à cet instant. Avant de revenir au stand, Hamilton, battu par Alonso, a échangé des noms d'oiseau à la radio avec Dennis, furieux que l'Anglais ait chamboulé le programme minuté de la Q3. Furieux, il l'était aussi envers Alonso, dont il a bien saisi l'attitude sournoise. Fautif, Hamilton a fait profil bas dans le stand samedi, et gagné avec assurance dimanche, sans émouvoir Dennis. Alonso, dégringolé 6e sur la grille, a roulé chargé et derrière Schumacher, sans pouvoir s'en libérer avant le dernier arrêt. Au championnat, l'avance de Hamilton remonte à 7 longueurs sur Alonso, tandis que le compteur de McLaren n'a pas grimpé des 15 unités théoriques. L'écurie a fait appel.
Ferrari - Räikkönen P2, Massa P13
L'empattement long de la F2007, 12 cm supérieur à celui de la McLaren, ne semble pas avoir été aussi handicapant qu'à Monaco. En qualification, l'épineux problème du premier tour est resté entier, et le Hungaroring l'a même exacerbé. En "très tendre", Räikkönen était bien parti pour battre Heidfeld mais le grainage à l'arrière a grevé son chrono sur les deux ou trois derniers virages. Plus embarrassant pour la Scuderia, une communication défaillante entre le muret et le stand a laissé Massa sans essence en fin de Q2. Il a été rappelé illico mais ses pneus n'étaient pas à température pour lui ouvrir dans la précipitation les portes de la Q3. Räikkönen jamais vraiment en mesure de menacer Hamilton sur 70 tours. Course "horrible", dixit Massa, enfermé dans le peloton.
BMW - Heidfeld P3, Kubica P5
Le grand prix du rachat pour Heidfeld, qui ne s'était pas montré sous un bon jour au Nürburgring, sur la piste comme dans le garage. L'Allemand qui a récupéré une place en 1ère sur tapis vert -une grande première pour BMW- s'est rangé en crabe sur la grille, mais n'a pu contenir Räikkönen. Son podium est assorti de la solide 5e place de Kubica. Encore 10 points pour l'Hélice, presque définitivement la 3e force du plateau. Cependant plus loin que McLaren et Ferrari aussi bien en vitesse pure qu'en constance, par rapport au grand prix précédent.
Williams - Rosberg P5, Würz P13
Un sensationnel 5e chrono en qualif de Rosberg, mais encore plus qu'à Monaco passé aux oubliettes des exploits en raison de l'affaire Alonso/Hamilton/McLaren. Parti 4e, l'Allemand a marqué ses premiers points depuis l'Espagne. Würz mieux en qualif (12e) mais en retrait dimanche.
Toyota - Schumacher P6, Trulli P10
Il faut être franc : il y a un moins, on n'aurait jamais imaginé Schumacher 5e sur une grille et narguer Alonso pendant les trois quarts d'un grand prix. L'Allemand montre un sursaut qui va finir par être salvateur pour son avenir. Trulli s'est fait manger au départ (de 9e à 12e).
Renault - Kovalainen P8, Fisichella P12
Hasard ou coïncidence ? Les "types "très tendre" ont très bien fonctionné sur la R27 en course, plutôt à la surprise de l'équipe, qui avait déjà tiré un beau parti de ce mélange précis à Monaco. Comme en Principauté, aussi, Kovalainen a trouvé une Red Bull sur son chemin -celle de Webber cette fois-, ce qui l'a privé d'une chance de jouer la Q3. Fisichella 8e samedi et rétrogradé de 5 places par une gêne sur Yamamoto en Q1. Sur deux arrêts, Kovalainen a fait du bon boulot et arraché un (petit) point. Fisichella transparent et sans concession dans les roues de Davidson, qu'il a touché et poussé à l'abandon.
Red Bull - Webber P9, Coulthard P11
Les RB3 ont développé un fort grainage. Coulthard perplexe face au rendement variable de ses pneumatiques en course. Webber encore sur son nuage du Nurburgring et content de partir en vacances.
Super Aguri - Sato P15, Davidson Ab
Davidson plus qu'honorable 15e samedi après-midi, mais trop rudoyé par Fisichella pour rallier l'arrivée. Sato 19e aux essais et content de finir devant Vettel, Sutil et Barrichello !
Toro Rosso - Vettel P16, Liuzzi Ab
C'est malheureusement trop tard pour Liuzzi, qui a battu son nouvel équipier, Vettel, en se rangeant 4 rangs plus haut sur la grille. Rien ne peut plus changer le destin de l'Italien, qui n'a pas de plan de course en F1 l'an prochain. Et une nouvelle défaillance de l'auto en course. Le jeune Allemand était content de finir : c'était son objectif.
Spyker - Sutil P17, Yamamoto Ab
Sutil anonyme mais plus "propre" que d'habitude. Yamamoto largué en qualif et dans un mur de pneus après à peine 6 tours.
Honda - Barrichello P18, Button Ab
Nouvel Opus de l'Annus horribilis. Button et Barrichello ont roulé à peine plus vite que les Spyker. Button stoppé par un problème d'accélérateur. Barrichello derrière une Spyker. Vu le différentiel de moyens, c'est carrément grave.